Forêts d'Afrique Centrale

Ofac Systèmes de suivi

Synthèse régionale de la gestion forestière et de la filière bois

Production de grumes dans le Bassin du Congo

Au terme d'une lente croissance au cours des 15 dernières années, le secteur forestier d'Afrique Centrale a produit près de 9 millions de m3 de grumes en 2007. La production s'est cependant contractée en 2008 en raison de la crise internationale, qui a touché le marché des bois tropicaux. Bien que l'ensemble des chiffres de l'année 2009 ne soit pas encore disponible, la production, tombée à environ 6 millions de m3 en 2008, est sans doute remontée un peu en dessous de 8 millions de m3, en partie grâce à la forte production de grumes des opérateurs gabonais en fin d'année 2009. Ce niveau de production place l'Afrique Centrale en dernière position parmi les 3 grands bassins forestiers producteurs de bois tropicaux, l'Afrique Centrale ne pesant que 3 % de la production de grumes de bois tropicaux dans le monde, et 0,4% de la production mondiale de bois rond. Elle produit cependant 80 % des bois africains.


Evolution des productions annuelles de grumes par pays
Sources: Niveau régional: OFAC, Nasi et al 2006, FRM 2001; Gabon: CHRISTY et al. 2003; Cameroun: Topa et al 2010, Cerrutti et al. 2006; RDC: DGF; Congo: Rapports annuels des DDEF; Guinée Equatoriale: Ministère de la pêche et de l'environnement.

Essences exploitées

L'Okoumé reste, avec 1,4 millions de m3 grumes produits en 2008, la première essence exploitée en Afrique Centrale. Le Sapelli arrive en seconde position, avec 1,3 millions de m3, avec une production étalée sur l'ensemble de l'Afrique Centrale, mais ayant le Congo et le Cameroun comme principaux producteurs. L'Ayous est la troisième essence la plus exploitée, avec environ 900 000 m3, provenant essentiellement du Cameroun. Les autres essences exploitées ne dépassent pas, ou peu, 200 000 m3/an. Les raisons de ce niveau relativement faible sont diverses : certaines essences offrent un potentiel limité, déjà valorisé à plein (comme le Sipo ou l'Iroko) du fait de leur dispersion en forêt, même si elles sont présentent sur une grande partie du massif forestier. D'autres essences ont une aire de répartition (ou d'abondance) localisée, comme le Wengé qui est surtout présent en RDC. D'autres essences enfin ne sont pas pleinement valorisées, du fait d'un marché réduit et/ou de prix ne garantissant pas la rentabilité sur des concessions éloignées des ports. C'est le cas en particulier du Tali, dont la production, voisine de 200 000 m3/an, pourrait être bien plus élevé si le marché était plus porteur. L'Okan et le Padouk sont dans la même situation.


Production annuelle évaluée par essence en 2008 sur le Bassin du Congo (m3/an)
Sources: OFAC

Productions industrielles

Le principal produit de l’Afrique Centrale reste un produit de première transformation, le sciage, qui représente de l’ordre de 1,2 million de m3 produits sur l’Afrique Centrale. Désormais, une grande partie des productions destinées à l’exportation sont séchées artificiellement. On a vu apparaître ces dernières années quelques unités de production de deuxième transformation, avec des sciages rabotés, mais qui restent encore marginaux (de l’ordre de 5% de la production de sciage). Le principal produit de deuxième transformation est le contreplaqué, avec environ 350 000 m3 produits annuellement sur l’Afrique Centrale.

Exportations

Les productions du secteur industriel sont essentiellement exportées, le marché local est à l’heure actuelle essentiellement approvisionné par le secteur artisanal. Les opérateurs industriels n’ont qu’une place marginale sur les marchés intérieurs, à quelques exceptions notables près, comme le secteur du contreplaqué en RDC, entièrement tourné vers le marché local. Le marché régional, sur l’Afrique Centrale tout comme sur le reste du continent, reste très peu développé également. Les principales destinations d’exportation sont l’Union Européenne et l’Asie. L’Asie domine désormais les exportations, avec environ 60% des volumes exportés sur la période 2005-2008, et a eu tendance à renforcer sa position sur l’année 2009 au cœur de la crise, en dépassant les 70% des volumes exportés.


Destination des exportations de grumes par pays pour la période 2005-2008 (% du volume)
*Pas de données pour le Congo
Sources: OFAC

Principaux producteurs

Groupe ou société Pays d'activité Niveau moyen de production annuelle en grumes (m3/an)
Rougier Gabon, Cameroun et Congo 600 à 700 000
DLH Congo et Gabon 300 à 400 000
Rimbunan Hijau Gabon 300 à 400 000
Vicwood Cameroun, RCA et Congo 300 à 400 000
Danzer Congo et RDC 250 à 350 000
Precious woods* Gabon 200 à 300 000
Taman Congo 200 à 300 000
Alpi Cameroun 200 à 300 000
Asia Congo Industrie Congo 150 à 250 000
SEFCA RCA 150 à 250 000

Les principaux producteurs de bois tropicaux en Afrique Centrale
* Le groupe Precious Woods a aussi une participation minoritaire dans le groupe NST, non pris en compte ici.

Le leader du secteur reste, depuis des années, le Groupe Rougier. En 2010, le groupe a achevé l’aménagement de ses près de 2 millions d’hectares de concession. Trois principaux groupes asiatiques interviennent dans le secteur forestier en Afrique Centrale: Vicwood (Chine), Taman et Rimbunan Hijau (Malaisie). Les 10 principaux opérateurs réalisent entre 40 et 50% de la production sous-régionale. A côté des grands opérateurs industriels de la filière, à capitaux essentiellement étrangers, il existe un ensemble de petits opérateurs industriels disposant de capacités et de moyens limités et travaillant sur de plus petites superficies forestières. La professionnalisation de l’ensemble de ces petits opérateurs en matière de gestion forestière et de transformation industrielle de leurs productions sera l’un des défis à relever dans les prochaines années.

L’État des aires protégées 2015 est une publication de l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale (OFAC).

La mission d’Observation des Aires Protégées d’Afrique Centrale qui incombe à l’Observatoire des Forets d’Afrique Centrale sous mandat de la COMIFAC et en collaboration notamment avec le RAPAC, le CIRAD et l’UICN a produit en 2015 une première édition du Rapport sur l’Etat des Aires Protégées d’Afrique Centrale (EDAP 2015).

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