Les acteurs de la recherche

Les institutions de recherche dépendent financièrement d'un bailleur de fonds principal: organisme public, ONG ou privé. Cette dépendance pèse lourdement sur le type de recherches mené mais aussi sur l'effi cacité des institutions. Les institutions publiques d'Afrique centrale sont généralement peu effi caces, bien que ce soit moins le cas au Cameroun que dans les autres pays. Elles sont souvent mal dotées en moyens fi nanciers et humains, et dépendent largement de fi nancements et de collaborations extérieurs. Afi n de contribuer à résoudre cette question, le projet FORINFO, fi nancé par la France, procure des fi nancements pour des bourses de recherche et de formations diplômantes et appuie les réseaux de recherche dans la région.

Un récapitulatif des principales institutions publiques de recherche est détaillé dans le tableau 7.1. La recherche menée dans ces centres et/ou instituts est une recherche fondamentale ou appliquée, bien que cette dernière soit globalement prépondérante. En complément à ces institutions, certains ministères possèdent parfois leurs propres unités de recherche; tel est le cas du CNRF (Centre national de la recherche forestière) au Congo. Certaines institutions disposent de stations de recherche sur le terrain (Ipassa-Makokou, station de l'IRET au Gabon (Figure 7.3); Lwiro et Irangi, stations du CRSN au Kivu, RDC) ou gèrent des dispositifs permanents d'expérimentations (Mbaïki, Boukouko, la Lolé en RCA; Oyan au Gabon; Ngoua 2 au Congo...).

Figure 7.3. La station de l'IRET à Makokou (Gabon).

Au niveau international, le centre de recherche forestière spécialisé du CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), le CIFOR (Centre pour la recherche forestière internationale), est actif dans la région, avec un bureau régional à Yaoundé, au Cameroun. Cet organisme mène des recherches en zone forestière dans un cadre pluridisciplinaire, en partenariat avec des institutions locales. Les autres centres du CGIAR qu'il convient de mentionner ici sont: le Centre mondial pour l'agroforesterie (ICRAF), l'Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI) et l'Institut international pour l'agriculture tropicale (IITA).

Hormis ces centres internationaux, certains centres et instituts de recherche publics ont une vocation à travailler dans et en collaboration avec les pays tropicaux. C'est le cas du Cirad (Centre international de recherche agronomique pour le développement), de l'IRD (Institut de recherche pour le développement) ou du MNHN (Muséum national d'histoire naturelle) en France, des jardins botaniques de Kew (Grande-Bretagne), de Belgique ou du Missouri (Etats-Unis), etc. Certaines universités occidentales travaillent aussi en collaboration avec les pays de la région (universités de Montpellier ou de Bordeaux, France, par exemple). Certaines de ces institutions disposent de représentations régionales ou nationales (Cirad, IRD...). Les autres collaborent avec les institutions nationales via des missions de recherche de plus ou moins longue durée, la codirection de thésards,...

Des réseaux de chercheurs et d'institutions de recherche se sont mis en place ces dernières années: le CORAF-forêt, FORNESSA (Réseau pour la recherche forestière en Afrique subsaharienne) ou AFORNET, par exemple. Le développement des recherches forestières en Afrique subsaharienne est également soutenu par le programme spécial pour les pays en voie de développement de l'IUFRO - Union internationale des organisations de recherche forestière (IUFRO-SPDC) et à travers un réseau de chercheurs européens, le RERFT (Réseau européen de recherche sur les forêts tropicales), qui implique des personnes travaillant en Europe ou depuis le continent africain sur des problématiques forestières tropicales.

Tableau 7.1. Institutions publiques de recherche en Afrique centrale.